DEMARCHE 

Chacun d’entre nous a évolué dans un environnement rural qui, malgré l’éloignement géographique, nous aura in fine rappelé à lui.

Cependant, et sans renier ces “origines“, nous avons à l’issue des études étendu nos domaines de compétences et de connaissances en travaillant au sein d’agences respectivement en charge de projets urbains, de musées, de logements collectifs, de projets paysagers, d’équipements publics…

De ces expériences individuelles s’est constitué un savoir commun, que nous mettons désormais au profit d’une pratique architecturale ou paysagère en laquelle nous nous reconnaissons.

 

Au-delà de la connaissance technique de la discipline, notre travail est le fruit du partage d’un imaginaire, d’un regard critique sur la construction d’un lieu par ses aspects les plus impalpables. Lorsque nous évoluons dans un environnement inconnu, notre attention se porte d’abord sur les « à côtés » ; les endroits qui n’ont pas été conçus pour plaire mais qui parfois présentent un intérêt à nos yeux.

Et si nous nous efforçons d’exprimer une partie de notre travail par les mots, certains gestes demeureront inqualifiables, répondant au besoin primordial de “se sentir bien“.

 

Aujourd’hui notre référentiel commun fait dialoguer ouvrages contemporains et constructions vernaculaires, qu’ils soient nés d’une approche réfléchie ou intuitive. Les photographies ou images qui constituent ce référentiel illustrent des ambiances, des atmosphères, ou à contrario des détails et dispositifs techniques très concrets.

Comme l’illustrent certains de nos projets, le travail de la matière tient par ailleurs une place prépondérante au sein de notre pratique. Il répond à un besoin d’expérimenter mais aussi d’appréhender par nous-mêmes les limites de la matière. Ces recherches naissent d’initiatives personnelles sur des projets à petite échelle, dont le contexte est propice pour établir des “règles du jeu“ ; réaliser sans dessiner, utiliser les matériaux à disposition, construire sur un temps court, habiter le lieu pour le transformer…

Ce besoin de travailler la matière est sans doute né du regard attentif que nous portons maintenant sur ce qui nous a toujours entouré ; la grange, le mur de pierre, la charpente en chêne… Il ne s’agit pas de faire l’éloge des constructions traditionnelles, mais simplement garder en mémoire le pragmatisme et la spontanéité des méthodes employées pour les ériger.

Ces multiples références révèlent notre profond attachement à la notion de contexte comme source d’émerveillement. Il a fait naître la conviction qu’il existe toujours une manière de travailler le lieu pour en révéler sa richesse.

Pour accompagner le regard, il faut parfois soustraire, parfois corriger, parfois compléter, et parfois ne rien faire. C’est l’essence de chaque lieu qui détermine l’action

- ou l’inaction – la plus juste.

Dans tous les cas, le processus, par le contexte qui l’accueille, a commencé bien avant notre intervention, et devra pouvoir se poursuivre bien après notre départ.

Notre travail est une réponse tangente à ce qui nous influence, la recherche d’une certaine justesse; comment intervenir maintenant? comment établir les bases de ce qui suit? où faut-il assumer notre intervention et où faut-il s’effacer?

 

 

Nous présentons ici un instantané sur une posture en mouvement. Une approche dont le « résultat » architectural est pour nous autant une finalité qu’un point de départ. 

REFERENTIEL 

WITTMANN, G. Sète. 2010
FROGER, B. Bâle. 2007
WITTMANN, G. St-Laurent, Québec. 2009
WITTMANN, G. Barrage de Grosbois, Côte d'Or. 2017
WITTMANN, G. Le Tréport. 2016
WITTMANN, G. Annecy. 2016
WITTMANN, G. Royan, Charente-Maritime. 2014
WITTMANN, G. Arles. 2016
WITTMANN, G. Ruine, Saint-Jean-de-Buèges, Hérault. 2016
WITTMANN, G. Peace Wall, Belfast. 2013
WITTMANN, G. Marché de São Sebastião, Porto. 2014
WITTMANN, G. Soussey-sur-Brionne, Côte d'Or. 2014
WITTMANN, G. Mur, Saint-Jean-de-Buèges, Hérault. 2016